Actualité 11 février 2026

Renaissance Numérique soutient le lancement de CharabIA

Développé par des étudiants de Sciences Po Paris à partir d’une proposition de Renaissance Numérique, CharabIA est né de la volonté de sensibiliser les jeunes générations aux problématiques posées par l’IA. Aujourd’hui structuré en association, CharabIA souhaite se déployer dans les collèges mais aussi dans les administrations et les entreprises.

Pouvez-vous nous présenter CharabIA ?

CharabIA, c’est d’abord un plateau de jeu qui transforme la salle de classe en terrain d’aventure. Les élèves manipulent des cartes, ouvrent des coffres, résolvent des énigmes et utilisent des outils d’intelligence artificielle (IA) pour progresser dans l’histoire.

CharabIAMais un atelier CharabIA ne se résume pas au jeu : chaque élève repart aussi avec un fascicule pour prolonger la découverte de l’intelligence artificielle à la maison, partager ses nouvelles connaissances avec ses proches et continuer à tester des outils en autonomie. Enfin, pour valoriser leur engagement, nous leur remettons un diplôme de « jeune explorateur de l’IA » qui symbolise les compétences acquises et nourrit leur confiance en eux.

Aujourd’hui, nous proposons également des ateliers CharabIA aux administrations et entreprises soucieuses que leurs collaborateurs utilisent et comprennent comment l’IA peut accompagner leurs tâches quotidiennes, en toute lucidité sur les risques qui accompagnent son utilisation.

Par quel(s) moyen(s) sensibilisez-vous les jeunes aux enjeux de l’IA ?

Chez CharabIA, nous sommes convaincus d’une chose : les élèves apprennent mieux en expérimentant qu’en écoutant. Il est donc essentiel de combiner théorie et pratique.

Nous avons conçu un dispositif où, pendant deux heures, chaque élève devient enquêteur, immergé dans un escape game pédagogique. L’intelligence artificielle générative devient un outil que l’on manipule, que l’on teste et que l’on interroge. Chaque aventure plonge les participants dans un univers différent, allant de l’exploration spatiale avec SpatIA à la survie avec KohLantIA, mais l’objectif reste le même : développer l’esprit critique, le goût d’apprendre, renforcer les savoirs fondamentaux et la capacité à coopérer.

Comment vous est venue l’idée de ce projet ?

Nous avons souhaité interroger l’avenir de l’éducation face aux bouleversements induits par l’intelligence artificielle. Grâce à l’Incubateur des politiques publiques de Sciences Po et à Renaissance Numérique, nous avons travaillé sur la problématique suivante : « Comment former et informer efficacement les plus jeunes, afin de s’assurer que le déploiement des technologies d’intelligence artificielle ne renforce pas les inégalités existantes au sein de la société ? ».

Très vite, notre attention s’est portée sur les collégiens, et plus particulièrement sur l’entrée en 6e, ce moment charnière où les écarts scolaires se creusent et où la confiance en soi est souvent fragilisée.

Comment envisagez-vous son adoption par les collèges et les différents organismes éducatifs ?

Pour que CharabIA puisse trouver sa place dans les collèges, nous l’avons conçu comme un dispositif pratique et modulable. Un binôme d’animateurs et deux kits de jeu transportables – contenant l’intégralité du matériel nécessaire pour le déroulé de l’activité –, suffisent pour animer un atelier dans n’importe quelle salle multimédia ou centre de documentation et d’information (CDI). Cette simplicité permet de s’insérer sans difficulté dans les créneaux existants comme les heures dédiées à l’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI) ou le dispositif Devoirs faits.

CharabIAAfin de faciliter la mise en œuvre, nous remettons aux chefs d’établissement un dossier clé en main, garantissant une validation rapide et une intégration sans perturber l’organisation pédagogique.

L’intelligence artificielle évoluant très rapidement, le jeu ne risque-t-il pas de perdre en pertinence dans quelques mois ?

Chaque été, les contenus seront enrichis et actualisés, avec la création de nouveaux modules thématiques pour accompagner l’évolution des enjeux. Actuellement, nous animons nous-mêmes les ateliers mais à terme, nous souhaitons que nos ateliers soient animés par des associations spécialisées. Chaque intervenant suivra une formation initiale de trois heures, où théorie et pratique seront combinées, puis commencera par coanimer avec un binôme expérimenté pour progresser en situation réelle. Un guide d’animation, des webinaires réguliers et un système d’évaluation continue assureront une homogénéité et une qualité pédagogiques durables.

Sur quel modèle économique se base votre association ?

Pour que CharabIA puisse se déployer largement et durablement, nous avons imaginé un modèle de financement hybride. Il repose sur l’appui des collectivités territoriales, sur des partenariats privés avec des acteurs engagés dans l’éducation à l’IA, ainsi que sur des appels à projets nationaux. Cette diversité de soutiens nous permet de sécuriser le dispositif et de le diffuser prioritairement dans les collèges qui en ont le plus besoin.