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Fake news ? Faire face aux troubles informationnels à l'ère numérique

  • Libertés publiques et éthique

Fake news ? Faire face aux troubles informationnels à l'ère numérique

  • Libertés publiques et éthique

Sortir d’un débat tronqué

Illusion historique, insulte politique, terme flou, débat tronqué et trompeur… Renaissance Numérique évoque cinq raisons pour lesquelles un cadrage à partir de la notion de fake news est stérile. Il est nécessaire d’élargir la problématique autour de tous les phénomènes d’altération de l’information – ce que le think tank appelle, en reprenant la terminologie établie par Claire Wardle, les « troubles informationnels ». Ces troubles sont de trois types : la désinformation, la més-information, la mal-information. Chacun appelle à des considérations, des postures et des mesures différentes.  


De l'inutilité d'une nouvelle loi

Renaissance Numérique s’associe aux récentes prises de position relatives à l’inutilité, voire la dangerosité de concevoir une nouvelle loi dédiée à un concept dont on peut analyser toutes les limites. La législation en vigueur, en particulier au travers de la loi sur la liberté de la presse de 1881, permet de considérer la problématique des fausses nouvelles. L’enjeu juridique ne porte ainsi pas tant sur la création d’une nouvelle loi que sur les ressources mises en œuvre pour appliquer le cadre existant dans un contexte numérique. Il s’applique également au futur statut des hébergeurs dont la participation à la production d’information, et donc la porosité avec le statut des éditeurs, est aujourd’hui établie. Si le think tank juge nécessaire d’encourager la réactivité dans le combat contre les illégalités évidentes, il en appelle à ne pas élargir le périmètre. Le risque serait d’organiser l’erreur, la censure automatisée, c’est-à-dire du filtrage auto(systé)matique, lorsque le motif reste ouvert à un débat contradictoire laissant place au doute.  


Le citoyen n’est pas un acteur passif de l’information

Dans le débat sur la régulation de l’information, le citoyen est encore trop souvent vu comme un « récepteur passif ». Or, il est nécessaire de reconnaître la diversité des formes que peuvent prendre la fabrication et la circulation d’une fausse information. Le regard est aujourd’hui particulièrement focalisé à juste titre sur les professionnels de l’information et les techniques d’industrialisation de fausses présences ou activités numériques (faux profils, robots dont l’activité stimule l’importance donnée à une tendance, à un hashtag, etc.). Il convient toutefois d’élargir la réflexion à la manière dont tous les acteurs de la société sont potentiellement des vecteurs, intentionnels ou pas, de fausses informations ou d’informations qui peuvent induire le public en erreur.  


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