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Quand la défense des rentes bloque la capacité d'innovation

  • Economie, emploi et travail

Quand la défense des rentes bloque la capacité d'innovation

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Hier, une taxe sur Amazon pour préserver nos libraires, ou cet aberrant décret, à peine levé, des 15 minutes d’attente à la défaveur des VTC. Demain quelles règles inventerons-nous pour tuer dans l’oeuf les services innovants que permettent notamment la révolution numérique ? Une taxe pour la presse en ligne équivalente à celle de la presse papier ?

Imaginons. Imaginons qu'une petite part seulement de cette considérable énergie soit consacrée à inventer de nouveaux usages, de nouveaux modèles, de nouveaux services, de nouveaux modes de consommation, plutôt qu'à continuer encore et encore à s'opposer à toute nouveauté par tous les moyens...  Nous aurions tant à y gagner.

Car ces économies de rente sont des “fossoyeurs de l’innovation” comme les nomment Nicolas Colin et Henri Verdier. Elles ne laissent aucune chance à une économie naissante et prometteuse. Valorisons nos entreprises françaises telles que Blablacar ou Allotaxi qui révolutionnent la mobilité, Bedycasa pour l’hébergement ou miLibris pour l’édition en ligne, etc. Nous devons favoriser l’émergence de ces futurs champions français plutôt que privilégier nos vieux lobbys souvent peu enclins à l’innovation.

Accompagner ces phénomènes de disruption et interpeller les élus et les décideurs politiques et économiques afin qu'ils fassent sauter les verrous qui rigidifient l'économie et qu'ils sachent accueillir les bienfaits de l'innovation : c'est l'essence, le combat de Renaissance Numérique.

Réguler sans stagner

Bien sûr, nous ne sommes pas naïfs et nous savons que la situation est complexe : le numérique n'est pas nécessairement synonyme de création d'emplois ou d'égalité. Par ailleurs, les nouveaux modèles dits "de l'économie collaborative" (Über, Blablacar, Airbnb) posent de vrais problèmes en terme de sécurité et de responsabilité pour les utilisateurs.

L’Etat a donc raison de se poser la question de la régulation. Celle-ci est nécessaire. Le Gouvernement a d’ailleurs créé un groupe de réflexion afin de "définir les conditions durables d'une concurrence équilibrée en les taxis et les VTC". Mais faudra-t-il attendre le groupe de travail "AirBnb" et le groupe de travail "KissKissBankBank" pour appréhender d’une façon globale ces phénomènes de disruption portés par ces nouveaux modèles économiques !

Rapidement, nous devons nous saisir du problème pour trouver l’équilibre entre régulation et accompagnement de l’innovation. Pour commencer, nous devons être en mesure d'évaluer les impacts positifs de l'économie collaborative sur le pouvoir d'achat des Français ! Nous devons également réguler cette économie afin qu'elle ne réduise pas à peau de chagrin l'assiette de TVA de la France et que les consommateurs de ces services connaissent les mêmes droits que les autres !

Renaissance Numérique souhaite accompagner l’innovation et la régulation de ces nouveaux schémas économiques

Au Forum de la Gouvernance Internet, Renaissance Numérique, aux côtés de Capdigital, animera l'atelier que nous avons intitulé "Internet m'a tuer". L'objectif est justement d'analyser les phénomènes de disruption liés à l'innovation et leurs conséquences économiques et sociales.

Au-delà de ce forum, notre think tank a un vrai rôle à jouer pour accompagner cette renaissance de la société à l'heure du numérique.