Présidentielle 2012 : ça clive sur le numérique
Paris, le 30 juin 2011
En l’espace de deux semaines, le PS et l’UMP ont élaboré et dévoilé les grands axes numériques de leurs futurs programmes pour l’élection présidentielle de 2012. Quelques points d’accord mais également d’importants clivages ressortent de ces offres politiques auparavant inexistantes. Renaissance Numérique suit in situ l’élaboration des programmes et en propose un décryptage. Le think tank soumettra ses propres propositions d’ici une quinzaine de jours.
Beaucoup de chemin parcouru depuis 2007, époque à laquelle Renaissance Numérique interpellait les décideurs politiques pour qu’enfin ils s’intéressent au numérique. « Lors de la dernière campagne présidentielle, la France ne comptait que 40% de foyers connectés à l’internet, contre un peu plus de 70% aujourd’hui », se souvient Christine Balagué, co-présidente du think-tank. La donne semble avoir changé en l’espace de 4 ans : le numérique a fait une entrée spectaculaire au premier rang des sujets qui compteront lors de l’élection présidentielle de 2012. Le numérique est donc devenu un sujet de campagne, et un sujet plutôt « clivant ».
Des contenus de programmes révélateurs d’idéologies distinctes
Avant de détailler les principaux désaccords, il convient de souligner les domaines qui font consensus entre PS et UMP. Les deux partis s’accordent sur leur attachement à la neutralité d’internet et à son inscription dans la loi, l’aide aux startups, et la présence d’un juge lors des mesures de filtrage ou de blocage de sites internet.
En revanche, le numérique reflète les clivages politiques droite/gauche traditionnels, particulièrement sur deux thématiques :
- le financement de la création : à gauche, Martine Aubry s’est prononcée en faveur de l’abrogation de l’Hadopi : elle propose de soutenir les artistes via un mécanisme de licence globale. A droite, l’UMP défend les acteurs installés et entend soutenir le modèle économique existant ; l’’Hadopi quant à elle, n’est pas remise en cause.
- le déploiement des réseaux très haut débit : les deux partis ont pour objectif la couverture de tout le territoire, mais la gauche prône le recours à un opérateur public, alors que l’UMP vante les mérites du libéralisme et de l’initiative privée : deux visions politiques opposées, la première plaçant l’action publique au premier plan alors que la seconde privilégie le privé.
Approche participative VS approche organisationnelle
De façon générale, l’organisation du débat lui même révèle ces dissensions politiques. L’UMP privilégie une approche plutôt traditionnelle « top down » dans laquelle les mesures sont élaborées en interne et soumises aux citoyens. Coté PS en revanche, l’approche est clairement plus participative : le programme issu d’ateliers de travail ouverts aux citoyens et animés par des « référents » en matière de numérique, est librement amendable en ligne.
L’éducation : mystère et inconnues
S’agissant de l’éducation et de la formation au numérique, l’UMP semble considérer ces enjeux comme essentiels puisqu’elle y consacre 10 des 45 mesures proposées. Le retard dans ce domaine ne date pas d’hier et Renaissance Numérique s’étonne que ces mesures n’aient pas été mises en place plus tôt. Du côté du PS, le programme reste très lacunaire sur la place à accorder à l’éducation à l’ère du numérique. « Il faudra des moyens considérables et beaucoup de volontarisme politique pour faire advenir l’école 2.0 » insiste Guillaume Buffet, co-président de Renaissance Numérique.
Renaissance Numérique publiera sous quinzaine ses propositions et espère qu’elles feront l’objet de débats et qu’elles seront reprises par les partis politiques.
Le think-tank rappelle qu’aujourd’hui, seuls 70% des foyers français sont connectés à l’internet. Ce qui fait 30% qui en sont exclus. À l’heure où la fracture numérique est devenue une fracture démocratique, l’accès pour tous est un préalable sur lequel Renaissance Numérique n’a de cesse de se battre depuis 5 ans déjà. Les partis politiques seraient bien inspirés d’y penser en amont de toute intervention.
>> lien vers la tribune "Présidentielle 2012 : au moment où le numérique devient un sujet pour tous les partis, de premiers clivages politiques apparaissent" Christine Balagué et Guillaume Buffet
A propos de Renaissance Numérique
Renaissance Numérique est le think-tank du numérique citoyen en France. Créé en 2005, il est composé des principaux dirigeants des entreprises de l’internet en France ainsi que de chercheurs et universitaires réputés.
Contact presse : Loïc Bodin, délégué général : bodin@renaissancenumerique.org – 01.82.83.92.33 / 06.13.77.16.43




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